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La bière, plus qu’une affaire de couleur

De très nombreuses personnes définissent encore la bière par sa couleur : blonde, brune, rousse/ambrée, blanche, noire…

Restreindre une bière à sa couleur est extrêmement risqué, car au sein d’une même couleur, les autres paramètres (goût, taux d’alcool, amertume) peuvent être TOTALEMENT différents.
Prenons l’exemple des bières “blanches” allemandes, brassées avec une majorité de blé (Weizen en allemand).

La petite famille des bières de blé allemandes (désolé pour la qualité de l’image)

On devrait donc parler de Weizenbier (bière de blé) et pas de Weissbier (bière blanche).
Dans ce petit groupe, le taux d’alcool peut aller de 3% à 10%, la couleur de blond translucide à …noir, l’amertume d’inexistante à très marquée.

Ces comparaisons peuvent s’appliquer à toutes les autres couleurs. Alors oui, le monde de la bière est complexe (pas compliqué), et les industriels ont cherché à simplifier / élaguer en ne représentant que sous forme de couleurs ce qu’ils sont capables de brasser de manière industrielle1.

Je conseille fortement à celles et ceux qui désirent aller plus loin la lecture du BJCP, référence en terme de classification et définition des différents styles de bières.

Certains styles sont très tendances en ce moment, avec par exemple les IPAs (lire à ce sujet mon article dédié).
Style passé de mode, les Américains s’en sont emparés, l’ont personnalisé et remis au goût du jour. Ainsi, les IPAs modernes sont caractérisées par des notes aromatiques houblonnées très marquées.

Cette caractéristique est apportée par des houblons américains très aromatiques et odorants (Colombus, Citra, Chinook, Cascade…).

L’Europe, longtemps à la traîne sur la création de nouveaux houblons (une sélection peut prendre jusqu’à 20 ans) revient gentiment dans la course et on a vu sortir ces dernières années plusieurs houblons européens modernes.

 

 

Pour cette Dzô II en série limitée, l’idée était donc de créer une bière de style IPA en n’utilisant aucun ingrédient américain. Le choix s’est porté sur des ingrédients allemands:

  • Pour les céréales,  malts Vienna et Munich, malts de blé clair et crystal
  • Pour les houblons, Herkules (pour l’amertume) et Mandarina Bavaria (pour l’amertume et l’aromatique)
  • Pour la levure, une souche allemande

Les plus dégourdis remarqueront qu’il manque l’eau, mais il ne faut pas non plus pousser Grossmuti dans les Nesseln…

La quantité étant limitée, je conseille aux personnes intéressées de ne pas tarder à se décider!

1Autant dire qu’avec des processus industriels, le choix devient très limité…